Pilier de l'ordre mondial
Nombreux sont les partisans du nucléaire et leur justification n'est pas la destruction mais la sécurité! Nous avons ici mélangé leur arguments et des informations recueillies chez des historiens.
Ils affirment tout d'abord la sécurité. D'ailleurs de nombreuses protestations et actions sont faites à chaque fois qu’un Etat se dote de l’arme nucléaire, il faut une réaction de la communauté internationale. Le secrétaire général de l’ONU Trygue Lie annonce que la fin du monopole atomique (1949) renforce le rôle de l’ONU. Donc, les manifestants pour l'arme nucléaire montrent que leur but n'est pas la destruction mais bien l'équilibre, se qui rend vains les arguments des opposants au nucléaire.
Justification de la garantie sécuritaire offerte par l’arme nucléaire : la théorie de la dissuasion nucléaire
La France a toujours déclaré que son arsenal était au « strict minimum », malgré ses 348 bombes équivalentes à 100 000 tonnes de TNT chacune. Lors d’un discours devant l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale, le Président Jacques Chirac a donné des précisions sur sa conception de l’arme nucléaire et nous reprenons ici son discours car nous trouvons qu’il expose parfaitement les raisons qui incitent les pays à l’acquérir :
« La dissuasion nucléaire est en premier lieu un facteur essentiel de la stabilité internationale. C'est grâce à cette dissuasion que l’Europe a été préservée pendant plus de cinquante ans des ravages qu’elle a connus au cours du 20è siècle.
Exigeant la retenue, en appelant à la raison, la menace nucléaire crédible commande la paix. (…) Nos forces nucléaires ne sont dirigées contre aucun pays, et nous avons toujours refusé que l’arme nucléaire soit considérée comme une arme de champ de bataille utilisée dans la stratégie.
Il est bien connu que les Etats-Unis sont obsédés par leur sécurité. Ils sont persuadés que le seul moyen de la garantir est de s’assurer la suprématie du pouvoir. Cette dernière peut s’obtenir de deux façons.
Premièrement, en éliminant tout concurrent potentiel, en mettant l’accent sur la non-prolifération, ce que nous venons de voir. Deuxièmement, en faisant tout pour être les meilleurs, les premiers. Ainsi, de crainte d’être agressés à partir de l’espace, ils ont décidé de « se l’approprier », si nous pouvons dire, en l’occupant militairement les premiers. « Le maîtrise de l’espace sera obligatoire pour s’assurer la victoire militaire : l’espace est en train de devenir les nouvelles hauteurs de commandement pour le combat », déclarait au Congrès le capitaine Shen Zhongchang, de l’Institut de Recherche de la Marine Chinoise (cité dans un rapport de l’Institut Kurtz, 2004 : 4). D’où le programme « Guerre des étoiles » de Reagan, de son vrai nom le « National Missile Défense » (NMD). Il a perdu depuis le qualificatif ‘National’ pour favoriser certaines coopérations régionales (Cramer : 27) avec le Japon et Taïwan. D’après le représentant américain à la Conférence du Désarmement de 2000, M. Robert T. Grey, « le projet NMD œuvre pour la stabilité et la sécurité dans le monde » (cité par Cramer : 89). « Significativement, l’idée d’utiliser des armes nucléaires pour dissuader les pays d’acquérir ou d’utiliser des armes non-conventionnelles a été liée dès le début au désir de nouveaux types d’armes nucléaires », peut-on lire dans un numéro de Science for Democratic Action (septembre 2003 : 5). A titre d’illustration, des chercheurs de Los Alamos, Thomas Dowler et Joseph Howard III dénoncent dans un article de 1991 paru dans Strategic Review le fait que les Etats-Unis se servent trop d’armes lourdes, responsables de lourdes pertes civiles : « l’arsenal nucléaire actuel des Etats-Unis n’a eu aucun effet dissuasif sur Saddam, et n’a que peu de chance de dissuader un quelconque tyran ». Il faut par conséquent développer des armes plus petites (mini-nukes). Cette idée sera dix ans plus tard intégrée dans une loi, le Défense Autorisation Act (2001), qui insiste sur la nécessité d’avoir des armes nucléaires plus petites, plus propices à l’emploi. La Nuclear Posture Review (2001) leur donnera leur finalité.
militaire (…). Ce que j’affirme devant vous est que la France, tout en restant fidèle à son concept de non-usage, a et conservera les moyens de maintenir la crédibilité de sa dissuasion face à toute nouvelle menace »
L’arme nucléaire est donc considérée comme une arme de dissuasion, ses effets dévastateurs devrait faire reculer n’importe quel adversaire, ou du moins le faire réfléchir à deux fois avant de s’attaquer au pays détenteur ou à leurs protégés. Par ailleurs, cette arme peut offrir un niveau de garantie élevé qui ne saurait être atteint par une autre méthode, sauf à payer un prix nettement plus élevé.



